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Analyse des commandes d’avions Airbus et Boeing début 2024 : carnet de commandes record, rôle des loueurs et de la Chine, tensions sur les livraisons et montée en puissance de l’A350F cargo face au 777X du constructeur américain.
Airbus engrange 331 commandes en mars : ce que révèle la bataille des carnets

Commandes d’avions Airbus et Boeing : un basculement stratégique pour les compagnies aériennes

La vague récente de commandes d’avions Airbus et Boeing au début d’année illustre un tournant majeur pour les compagnies aériennes du monde entier. Les commandes Airbus enregistrées au premier trimestre, avec 331 commandes brutes annoncées en mars 2024 selon un communiqué d’aéronautique Airbus daté du 8 avril 2024, confirment l’appétit inédit pour les avions commerciaux de nouvelle génération et renforcent la domination croissante du constructeur européen dans l’aéronautique. Pour un analyste interrogé dans la presse spécialisée, ce niveau de carnet de commandes, qui s’étale désormais sur huit à dix ans de livraisons, redéfinit les arbitrages de flotte, de capacité et de financement pour chaque compagnie aérienne.

Les loueurs comme AerCap, avec une commande d’environ 100 appareils commerciaux annoncée dans l’actualité aéronautique récente et présentée comme un engagement ferme dans les communiqués, structurent désormais la demande en agissant comme intermédiaires entre constructeurs et compagnies aériennes, ce qui renforce leur pouvoir de négociation sur les termes de livraisons et sur les montants en milliards d’euros. Les compagnies de Chine, à l’image de China Eastern avec plus de 100 avions commerciaux Airbus commandés selon les communiqués d’Airbus, sécurisent des positions de long terme dans un marché où le constructeur américain Boeing peine encore à stabiliser ses cadences et ses livraisons Boeing après les crises industrielles récentes. Pour les décideurs des airlines, cette répartition des commandes entre Airbus et le constructeur américain impose de comparer en continu le carnet de commandes, les délais de livraison et les risques industriels sur chaque famille d’appareils, qu’il s’agisse de monocouloirs ou de long-courriers.

Le carnet de commandes Airbus dépasse désormais 8 600 appareils à livrer, selon les derniers rapports annuels d’aéronautique Airbus et les mises à jour publiées début d’année, ce qui représente plusieurs centaines de milliards de dollars de chiffre d’affaires futur pour le groupe et son écosystème en Europe, en France et dans le reste du monde. Dans le même temps, Boeing a livré 528 avions commerciaux en 2023 et vise une cadence plus contrainte en 2024, ce qui pousse certaines compagnies aériennes à arbitrer entre la sécurité d’un constructeur européen très chargé et la flexibilité potentielle du constructeur américain, malgré les incertitudes. Pour un consultant en stratégie aéronautique, la clé consiste à analyser comment chaque contrat en milliards, chaque avion livré et chaque glissement de calendrier de livraisons Airbus ou de livraisons Boeing impacte les plans de capacité, les KPI de rentabilité, la trajectoire carbone des flottes et la perception des investisseurs abonnés aux notes de recherche spécialisées.

Pourquoi les loueurs et la Chine dominent les commandes d’avions commerciaux

La structure actuelle des commandes d’avions commerciaux chez Airbus et Boeing met en lumière le rôle central des loueurs et des compagnies de Chine dans l’actualité aéronautique. AerCap, premier loueur mondial, utilise ses commandes brutes d’appareils commerciaux pour constituer un stock d’avions flexibles, qu’il peut ensuite placer auprès de multiples compagnies aériennes en Europe, en France, en Amérique ou au Moyen-Orient. Cette stratégie permet aux airlines clientes de limiter leurs engagements directs en milliards d’euros tout en bénéficiant d’avions neufs, alors que le carnet de commandes des constructeurs atteint des records et que chaque contrat en milliards de dollars engage les deux parties sur une décennie.

Les compagnies chinoises, emmenées par China Eastern et d’autres transporteurs soutenus par Pékin, verrouillent quant à elles des créneaux de livraisons sur la décennie à venir, afin d’accompagner la croissance du trafic intérieur et régional en Asie. Dans ce contexte, les décisions de commandes Airbus ou de commandes Boeing deviennent des instruments géopolitiques, chaque contrat en milliards de dollars reflétant un équilibre entre fournisseurs européens et américains dans le monde. Pour les abonnés aux notes de recherche spécialisées, suivre cette actualité permet d’anticiper les tensions futures sur les livraisons d’avions commerciaux, notamment lorsque Boeing, Airbus et d’autres acteurs négocient simultanément avec les mêmes compagnies aériennes et que chaque constructeur cherche à sécuriser ses parts de marché.

Les décideurs doivent aussi intégrer l’impact de ces volumes sur la valeur résiduelle des appareils et sur les stratégies de renouvellement de flotte. Quand Airbus livre des avions plus sobres en carburant et que Boeing livre des modèles concurrents avec des cadences plus incertaines, les airlines arbitrent entre risque industriel et avantage économique, parfois appareil par appareil. Dans ce jeu, le carnet de commandes et les termes de livraisons deviennent des variables aussi stratégiques que le prix facial, car un avion livré trop tard peut coûter plusieurs millions de dollars de manque à gagner sur une année d’exploitation et remettre en cause les plans de croissance prévus dans les business plans validés par les conseils d’administration.

A350F cargo, tensions industrielles et chaîne d’approvisionnement aéronautique

La montée en puissance de l’A350F cargo dans les commandes d’avions commerciaux long-courriers ouvre un nouveau front concurrentiel face au 777X cargo de Boeing. Avec environ 20 A350F commandés par Atlas Air et 15 A350-900 supplémentaires pour des opérateurs long-courriers, annoncés dans l’actualité Airbus début d’année, le constructeur européen renforce sa présence sur le segment fret, traditionnellement dominé par le constructeur américain. Pour les compagnies aériennes cargo et les divisions fret des grandes airlines, ces nouveaux appareils promettent des gains de consommation et de charge utile, mais ils accentuent aussi la pression sur une supply chain aéronautique déjà saturée, des motoristes aux fabricants de systèmes avioniques.

Chaque commande d’A350F ou de 777X se traduit par des besoins massifs en moteurs, en systèmes avioniques et en structures, ce qui mobilise des centaines de sous-traitants en France, en Europe et dans le reste du monde. Les industriels de l’aéronautique doivent augmenter leurs capacités sans compromettre la qualité, alors que les carnets de commandes atteignent des niveaux historiques et que les livraisons Airbus comme les livraisons Boeing restent contraintes par la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée. Pour un analyste financier, la question n’est plus seulement de savoir combien de milliards d’euros ou de milliards de dollars représentent ces contrats, mais si la chaîne industrielle peut réellement livrer tous les avions dans les délais annoncés par Airbus Boeing et par le constructeur américain Boeing.

Les compagnies aériennes qui s’engagent aujourd’hui sur des contrats en milliards avec Airbus, Boeing ou d’autres acteurs pour des avions commerciaux cargo doivent intégrer un risque de décalage de plusieurs années. Quand les livraisons Airbus glissent d’une année sur l’autre, ou que Boeing livre moins d’appareils que prévu, les plans de flotte, les KPI de revenue management et les trajectoires de décarbonation sont immédiatement affectés. Dans ce contexte, suivre l’actualité détaillée des commandes brutes, du carnet de commandes et des avions effectivement livrés devient un impératif pour tout consultant ou analyste qui conseille des airlines sur leurs arbitrages de flotte, leurs besoins de financement et leurs engagements de réduction d’émissions.

Chiffres clés à retenir sur les commandes et livraisons

  • Airbus a enregistré 331 commandes brutes d’avions commerciaux sur un seul mois de mars, avec un carnet de commandes dépassant 8 600 appareils à livrer selon ses communiqués récents et ses rapports annuels d’aéronautique.
  • Les principales commandes récentes incluent environ 100 appareils pour AerCap, plus de 100 pour China Eastern, 20 A350F cargo pour Atlas Air et 15 A350-900 pour des opérateurs long-courriers, pour un montant cumulé de plusieurs milliards d’euros et de milliards de dollars.
  • Les délais de livraison pour certains modèles de monocouloirs peuvent atteindre huit à dix ans, en raison de la saturation de la chaîne d’approvisionnement aéronautique et des contraintes de montée en cadence chez les deux constructeurs.
  • Les contrats signés entre constructeurs et compagnies aériennes représentent plusieurs centaines de milliards d’euros et de milliards de dollars de chiffre d’affaires futur pour l’industrie et ses sous-traitants dans le monde.
  • La montée en puissance de l’A350F cargo face au 777X cargo de Boeing reconfigure l’équilibre concurrentiel sur le marché du fret aérien long-courrier et renforce le poids stratégique de ce segment pour les deux constructeurs.

Questions fréquentes sur les commandes d’avions Airbus et Boeing

Pourquoi les délais de livraison des avions commerciaux sont ils aussi longs ?

Les délais de livraison s’allongent parce que les carnets de commandes d’Airbus et de Boeing ont atteint des niveaux historiques, dépassant plusieurs milliers d’appareils chacun. Les capacités industrielles, des motoristes aux fabricants de systèmes, ne peuvent pas être augmentées instantanément sans risque pour la qualité et la sécurité. Cette tension structurelle explique pourquoi certaines compagnies aériennes doivent désormais attendre huit à dix ans pour recevoir certains modèles d’avions commerciaux, en particulier les monocouloirs les plus demandés.

Quel est l’impact des loueurs comme AerCap sur la stratégie des compagnies aériennes ?

Les loueurs achètent des flottes importantes d’appareils auprès des constructeurs, puis les placent en location auprès de multiples compagnies aériennes dans le monde. Cette intermédiation permet aux airlines de réduire leurs engagements financiers initiaux et de garder une flexibilité pour ajuster la taille de leur flotte en fonction du marché. En contrepartie, les compagnies acceptent une dépendance accrue vis-à-vis des loueurs pour l’accès rapide à des avions neufs et pour la renégociation des contrats en cas de retournement de conjoncture.

Comment les commandes d’avions reflètent elles les enjeux géopolitiques entre Europe, États Unis et Chine ?

Les grandes commandes d’avions sont souvent perçues comme des signaux politiques, car elles impliquent des constructeurs européens ou américains et des compagnies aériennes soutenues par leurs États. Lorsque des transporteurs de Chine passent des commandes massives chez Airbus ou Boeing, ces décisions s’inscrivent dans un contexte plus large de relations commerciales, technologiques et diplomatiques. Les gouvernements suivent de près ces contrats, qui représentent des milliards d’euros ou de dollars et des milliers d’emplois industriels dans l’aéronautique.

Pourquoi le segment cargo, avec l’A350F et le 777X, devient il stratégique ?

Le marché cargo a bénéficié d’une forte dynamique avec la croissance du e-commerce et la recherche de chaînes logistiques plus résilientes. Les nouveaux appareils comme l’A350F et le 777X cargo offrent une meilleure efficacité énergétique et une capacité accrue, ce qui réduit les coûts unitaires pour les opérateurs. Pour les constructeurs, ce segment permet aussi de diversifier les sources de revenus, de lisser les cycles de demande des avions passagers et de valoriser leurs technologies sur un marché moins saisonnier.

Comment les compagnies aériennes doivent elles intégrer le risque industriel dans leurs plans de flotte ?

Les compagnies doivent désormais considérer plusieurs scénarios de livraison, en intégrant des marges de sécurité sur les dates de réception des appareils. Elles peuvent diversifier leurs commandes entre Airbus et Boeing, utiliser davantage la location auprès de loueurs comme AerCap et prévoir des plans de prolongation de vie de leurs flottes existantes. Cette approche permet de limiter l’impact financier et opérationnel d’éventuels retards de production chez un constructeur ou un grand sous-traitant, tout en sécurisant la capacité nécessaire pour répondre à la demande.


Sources recommandées : FlightGlobal, Forecast International, rapports annuels d’Airbus et de Boeing, communiqués de presse récents des deux constructeurs sur leurs commandes brutes et leurs livraisons.

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